4 novembre 2014

Des Bougies au Secret Square


C'est un jour férié du mois de mai que le Lapin Goormand et moi avions choisi pour fêter son anniversaire. La journée lui était consacrée. Nous avions, presque naturellement, décidé de passer notre après-midi aux Chandelles. Notre espace de vie libertine favori depuis longtemps déjà.



Je dois avouer qu'ayant tardé à prendre la plume pour raconter cette journée, je n'ai plus de souvenirs précis de cet après-midi. Sans aucun doute à notre goût, comme d'habitude, et illuminé par son fabuleux metteur en scène. Mais est-ce cette fois-ci que nous avons battu le record de cousins tombés du matelas ? Ou que le Lapin Goormand s'est fait enlever par une amie dès l'entrée sans avoir le temps de prendre un verre ? Ou que ce couple d'italiens nous a confié avoir vécu le premier orgasme en club de madame ? Je ne sais plus...

Je me souviens par contre d'avoir du hâter notre départ. C'est que nous étions attendus...







J'avais depuis longtemps entendu parler du Secret Square. Certainement depuis que j'avais découvert le Chochotte, en m'intéressant aux cabarets plus intimistes et érotiques que les grandes revues telles que le Lido.
Les récits de bloggeurs ( Maïa Mazaurette, Palaume ), et un reportage m'ont décidés : cet endroit avait de grandes chances de nous plaire. Et surtout de plaire au Lapin Goormand. Mes interactions féminines se résumant à des fou rires complices, lui saurait apprécier les danseuses d'une toute autre manière.

Je décide de garder le programme de notre soirée secret. Lui demandant juste de prévoir une chemise de rechange, au cas où celle de l'après-midi en club serait froissée, victime de nos ébats. Ainsi qu'une cravate. Pour l'élégance, croit-il...
En quittant le club, je rentre l'adresse mitoyenne du Secret Square dans le GPS, de peur que la modernité de l'appareil ne fasse apparaître à l'écran le nom de l'établissement qu'il aurait reconnu, et gâche mon effet de surprise. Nous roulons, approchant de l'objectif le haut-parleur annonce notre arrivée " dans 100mètres ". J'invite le Lapin Goormand a regarder de l'autre côté de la rue, pour voir apparaître l'établissement. Surprise réussie, il ne s'attendait pas à cette idée, et semble ravi.







Demi-tour, voiturier, lourde porte, nous voilà dans le hall d'entrée du Secret Square. Du rouge, du rose, du doré, des lumières tamisées, un divan, un vestiaire où pendent des manteaux, la ressemblance avec les Chandelles est amusante à constater. Les mots d'accueil de l'ouvreuse nous remettent dans une optique de restaurant-cabaret. Une vérification de ma réservation, une explication du fonctionnement des danses personnalisées, puis une invitation à descendre prendre place dans la salle principale nous ouvre la soirée.



Le grand escalier débouche sur le côté du bar. Face à nous le plus grand des deux podiums, entouré de banquettes et fauteuils. Plus loin l'espace restaurant, articulé autour d'un plus petit podium. la décoration est dans le ton du hall d'entrée, auquel s'ajoutent les jeux de lumière des podiums. L'ambiance générale me plaît beaucoup, c'est élégant, sans aucune vulgarité, ce qui était ma principale appréhension d'un spectacle érotique.
Mais la salle est vide, seuls quelques serveurs et serveuses sont au bar. C'est normal, nous faisons l'ouverture en suivant l'heure indiquée sur le carton de réservation. L'ambiance est chaleureuse par son décor, mais froide à la fois par sa très faible occupation. Ce n'est pas inquiétant, la soirée ne fait que commencer.









Nous sommes idéalement placés à une table permettant de voir les deux podiums. Les fauteuils sont astucieusement montés sur roulettes, pour s'orienter facilement vers le show que l'on préfère. Bien que très gourmande, et généralement affamée après un long moment libertin, je délaisse la carte pour guetter l'arrivée des danseuses. Le spectacle ne commencera malheureusement qu'en seconde partie de soirée, une fois le dîner presque achevé. Nous dînerons donc sans spectacle, mais en musique et  animés de nos papotages habituels, insatiables bavards. Je suis agréablement surprise par la qualité du dîner et par le choix varié de la carte. Mais déçue du placement de notre table, qui se trouve être juste devant l'ordinateur de commandes des serveurs. Ils y font tous leurs aller-retour, et y papotent de la pluie et du beau temps quand aucun client ne sollicite leur service.


La salle se remplit doucement. Deux couples, deux amis masculins, et un groupe de jeunes hommes au restaurant. Puis une dizaine d'hommes et un couple autour du podium central. C'est peu pour la taille de l'établissement, mais c'est un des fameux ponts du mois de mai où Paris est bien calme.

 

Si je me souviens bien, nous commençons le dessert quand la soirée est lancée au micro du bar. Les danseuses descendent dans la salle principale, et la traversent, passant lentement devant les clients, en guise de présentation. Elles sont toutes de blanc vêtues. J'apprécie beaucoup cette harmonie dans leur présentation. Mais je remarque vite quelques détails qui m'étonnent un peu.
Certaines paraissent très jeunes. Je ne doute pas du sérieux de l'établissement à ne pas employer de mineurs pour un spectacle érotiques. Mais à les voir ce n'est pas évident. Et je me sens presque... déplacée,  de regarder, non, disons le clairement, de déshabiller du regard, des femmes qui ressemblent à des jeunes filles.
Je remarque également que, derrière leurs plastiques de danseuses parfaites, sous leurs costumes sexy, sur leurs talons vertigineux, certaines semblent s'ennuyer, sans sourire. Fatiguées ou blasées, je ne sais pas.
Je chuchote mes impressions au Lapin Goormand qui les partage. Nous concluons que les danseuses les plus agréables sont celles qui dégagent de la sympathie, un sourire.






Le micro annonce les pseudos de deux danseuses, et celles-ci prennent place sur les podiums. Le spectacle commence. Les danseuses s'enchaîneront, toutes les 5 à 10 minutes environ. Certaines tenues ne me plaisent pas, faisant trop " sex shop ". Mais les danses elles ne sont jamais vulgaires. Plus où moins lentes ou sportives en fonction des danseuses, c'est toujours beau et impressionnant à la fois. Elles finissent généralement par un strip tease. Et là j'ai un doute : intégral ou pas ? Je crois que les strings ou shortys sont gardés, l'intégral étant réservé aux danses privées.
Je savoure le spectacle, sans oublier le thème de cette soirée : l'anniversaire du Lapin Goormand. Et son cadeau : le ticket de danse qui m'a été discrètement remis à l'entrée, et que j'ai caché dans mon soutien-gorge. Tout un symbole pour celles qui connaissent le Lapin Goormand...


Évasivement je l'interroge, lui demandant quelle danseuse il préfère. Une question difficile. Elles lui paraissent à la fois attirantes. Mais aussi inaccessibles par leur statut de danseuses, leur jeunesse, et leurs goûts certainement peu portés sur leurs clients, encore moins leurs clients " en couple ". J'en reste à cette réponse évasive, le spectacle continue.


Le micro annonce alors Wendy, une des danseuses qui avait retenu notre attention par son sourire et sa bonne humeur communicative. Il précise qu'il s'agit là d'un show déguisé et humoristique. Ma curiosité est piquée : est-ce que ce sera comme les scènes humoristiques du Chochotte que j'avais beaucoup appréciées ? C'est effectivement le cas. Wendy arrive au podium en trottinant sur ses talons. Elle est déguisée en écolière, et porte des couettes au dessus des oreilles. Des couettes... le fantasme ultime du Lapin Goormand ( désolée lapin je casse le mythe... mais rassurez-vous, il est très fréquentable, et surtout il ne porte pas de couettes ).
C'est décidé, le show-personnalisé-d'anniversaire ce sera Wendy. Après son passage en écolière, je prétexte d'aller me rafraîchir, pour demander au bar si elle accepte notre ticket de danse. Je lui explique au passage que c'est pour mon ami, qui a aimé son air espiègle d'écolière pas sage.







Je reviens à notre table, suivie quelques instants plus tard par Wendy, qui en revêtant sa robe blanche a malheureusement perdu ses couettes... mais pas son regard coquin ! Elle demande au Lapin Goormand de reculer son fauteuil de la table, pour lui ouvrir un espace de danse entre ses genoux. Je sens les regards des autres clients sur notre table. Mais je ne crois pas que le Lapin Goormand y prête attention. Il faut dire qu'une sublime jeune danseuse sexy est en train de lui lisser sa cravate, le félicitant pour son élégance. On lui pardonnera son trouble de l'attention passager.
Une nouvelle musique démarre, Wendy commence son show. De plus en plus tactile, la cravate y trouvera toute sa place. Je lis dans les yeux du Lapin Goormand sa difficulté à garder ses mains sur son fauteuil, face au show de Wendy, surtout quand assise sur ses genoux elle vient déposer du rouge à lèvre sur sa joue, ou lui faire effleurer son sein. J'apprécie les regards complice qu'elle me lance, peut-être contente de voir une " conjointe " souriante, ce qui ne doit pas toujours être le cas dans ces établissements très masculins.


Le show de Wendy se termine trop vite, nous l'applaudissons, et reprenons le fil du spectacle des podiums. La soirée est bien avancée, il est plus de minuit. Les danseuses s'assoient régulièrement à notre table, engageant la conversation. C'est intéressant de parler de leurs impressions sur le podium, de leur secrets de danseuses. Elles sont contentes d'avoir un " couple " détendu et souriant, ce qu'elles me confirmeront, n'est pas toujours le cas. Nous nous amusons de la timidités de certains clients en enterrement de vie de garçons. De " grands ados " qui n'osent pas recevoir une danse personnalisée devant leurs copains, intimidés par la proximité de cette femme, à la veille de leur mariage. Il y a également ces hommes d'un certain âge, qui viennent régulièrement, toujours apprêtés avec raffinement, et sans jamais oublier de petits présents pour les danseuses. Ces hommes que les danseuses apprécient, parce qu'ils savent se tenir face à elles, aussi bien en salle qu'en salon privé. Portant sur elles un regard plus bienveillant qu'excité.


Les danseuses n'en n'oublient cependant pas de nous proposer d'autres danses personnalisées. Ce qui devient un petit peu insistant malgré nos refus.







Des bougies d'anniversaire sur une verrine de fraises fraîches, un dernier verre, la salle accueille quelque nouveaux clients quand nous partons vers 2heures du matin.


Je suis satisfaite de cette surprise d'anniversaire. Écrire ce récit plusieurs mois après me permet de confirmer que le Lapin Goormand l'était également : nous en parlons encore. Le " ne bouge pas, j'appelle Wendy " est devenu une blague récurrente entre nous, pour faire se dresser les oreilles du Lapin et capter son attention ( n'y voyez pas de sous-entendu, bande de pervers ! ).



Je vous recommande le Secret Square, entres amants, amoureux, ou amis. Pour dîner, ou prendre un verre autour du podium principal. Nous y retournerons sans hésitations.

Un grand merci à Wendy !





Le site du Secret Square.

Actualité d'automne


Parce qu'en recherche d'un titre qui ne vient pas, on en revient aux traditionnels : la météo ou les saisons.
Oui je suis une feignasse. J'assume.


Tellement feignasse que mon dernier article remonte au mois de mars. Ce ne sont pourtant pas les sorties, les soirées, ou les actualités libertines qui ont manquées ces derniers mois !


Le Bal des Princesses 2014, soirée costumée et délurée, était une grande réussite. Une foule moins dense que l'année passée, un staff plus nombreux, et des costumes toujours aussi recherchés. Leur page facebook est un régal pour les yeux. Vivement l'année prochaine !


Des anniversaires ont été dignement fêtés. En mai celui du Lapin Goormand au Secret Square ( récit à venir ). En septembre celui de Valérie aux Chandelles, une soirée impressionnante et follement festive. Fin septembre c'était le mien, dont le récit du Lapin Goormand me laisse le temps d'être feignasse pour vous livrer le mien plus tard.



Plusieurs clubs libertins ont ouverts cette année en région parisienne. Je suis embêtée de ne pas pouvoir répondre clairement à vos messages à leur sujet, n'y étant pas encore allée. Entre la distance ( c'est grand la région parisienne ! ), et le manque d'attrait, ma dernière visite d'un nouveau club remonte au Taken, qui souffle sa première bougie, bien méritée.


Petite revue des nouveaux clubs parisiens :


Le Forty-One, dans le 11ème, est un club sec avec restaurant. Les premiers commentaires étaient mitigés, tant sur l'ambiance que sur la qualité du repas, je n'y suis donc pas encore allée. La page facebook met l'accent sur le DJ du club, et son ambiance musicale. Cela ressemble d'avantage à une page d'une boite de nuit qu'à celle d'un établissement libertin.


The Strip, à Saint-Ouen l'Aumone dans le 95. Enfin un club en région parisienne qui soit à la fois " sec et humide ", avec une piste de danse et une balnéo. Personnellement je n'aime pas ce mélange, mais je suis certaine que de nombreux parisiens en regrettent l'absence dans notre région. Ce concept pourrait cibler cette niche de clientèle, tant qu'il n'y a pas de concurrence. Malheureusement le sauna a été mis juste en face du bar, provoquant le problème des clients chaussés et pieds-nus qui se croisent. La balnéo n'est donc ouverte qu'en après-midi, quand la piste de danse est fermée. Quel dommage ! Ces inconvénients, et la distance, font que je n'y suis pas encore allée.


La Maison Rose à Meulan dans le 78 semble avoir été une énième fois reprise ? Entre ses tarifs bien trop " parisiens ", et sa mauvaise réputation, je ne compte pas y retourner. Mais je souhaite bonne chance aux nouveaux patrons quand même.


Le Sainte-Jeanne, à Cormeilles en Vexin dans le 95. Les photos du site sont très alléchantes ! Malheureusement la distance dépasse le raisonnable pour refaire la route du retour au milieu de la nuit... Peut-être pendant mes vacances à Noël quand je serai bien reposée. J'attends également des soirées mixtes " libres ", pour le moment les hommes seuls ne peuvent venir qu'en trio constitué avec un couple. Je laisse aussi du temps au club pour trouver sa clientèle : l'ouverture ayant été silencieuse, le bouche-à-oreille doit se faire progressivement. J'ai hâte !




Note aux lecteurs : si je fais encore trop ma feignasse, menacez-moi de me priver de nutella ( ou de tartines beurrées, ça marchera aussi ).